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Séjour fév.09



Laos janv - février 2017

 

 http://aphanese.viabloga.com/news/laos-2017? (lien vers les photos)



La Rencontre

Dans le pays des glaces où, peu à peu les glaces ont disparu, vivait un homme mi-géant, mi-humain, étrange, même pour les hommes et les femmes de son pays. Très fort, très grand, bien proportionné sur le haut du corps, énorme de la taille aux pieds, pieds qu'il avait larges... Le visage, parfois doux, pouvait prendre un aspect violent et obtus. Ce géant, presque unique de son espèce, avait trouvé là-bas un peuple accueillant : les Laonuits. Une femme l'avait aimé. Les autres l'avaient accepté.
 Une montée brusque des eaux, conséquence de la fonte glaciaire, doublée d'un tremblement de terre sous-marin, venait d'emporter ce peuple, moins apte que lui à se défendre. Son impuissance le faisait rugir !
 Dans le pays où il avança, moins touché par les cataclysmes pour l'instant, on lui affirma que « le Sud » en était responsable. Il décida sur le champ de partir venger sa famille, et se montrer enfin à leur hauteur.
Ses pas de géant l'amenèrent assez vite vers la possible confrontation avec ce sud inconnu. Un sud plus chaud que son pays. De plus en plus chaud !... Quelques rivières, où existaient encore des poissons(petits pour son appétit de géant) lui permirent de se nourrir.
Et toujours personne sur qui assouvir sa rage !
 Un jour enfin, il aperçut un troupeau d'animaux différents des siens. Et tout à côté, un homme, assez semblable à ceux de son peuple, en plus grand, plus blanc, plus maigre.
Les bœufs s'étaient arrêtés de paître ! Le sentant à mon tour, je me retournais , et même de loin, compris que cette arrivée n'était pas bonne pour moi. Instinctivement, je fis face, les bœufs en bouclier. Habitué aux sports de combat, je pouvais répondre.
Le géant pénétra à l'intérieur du troupeau, comme s'il n'écartait pour cela que des brins d'herbe ! Sa cible, c'était bien moi ! Je battis en retraite près d'un arbre. Il me rattrapa, les yeux exorbités.
Je n'étais pas de taille. Une autre stratégie s'imposait ! Le Regard !... Mes yeux dans ses yeux... rester calme.
Il m'avait attrapé par le col de ma veste, mais je sentis une hésitation. Mon regard l’intriguait-il ? Qu'y lisait-il ?
Je me mis à parler, beaucoup. Comprenait-il ? Il me lâcha momentanément, chercha du regard la rivière où le troupeau s'était dirigé, prit de l'eau dans ses mains immenses et se versa cette eau sur la tête.
Touché par cette action symbolique et, temporairement au moins, non violente envers moi, je me confortais dans l'idée que ses gesticulations étaient un langage.
Je redoublais d'attention.
Ses yeux devinrent larmoyants, ses joues tombantes, sa lèvre inférieure pendante, son corps sans énergie.
Pas de doute, je comprenais son immense tristesse...
je voulus lui parler, lui dire ma sympathie pour ce qui me semblait être les conséquences du mal qui nous touchait, nous aussi, dans cette dégradation du climat. Je n'avais pas son talent de jeu du corps, et mes paroles lui rendirent sa colère.
Les yeux réduits à une fente, les joues gonflées, le souffle court, les bras puissants en arc de cercle, les pieds qui frappent le sol...
je reçus en plein visage la fin du mouvement circulaire de son bras, et poussais un gémissement sombre et ample. Surpris, il releva la tête. Je me cachais derrière l'arbre et lançais des mots, seulement des mots, de ma voix la plus grave possible, d'un ton sec : STOP. TOI . MOI .ECOUTE …
Il paraissait de plus en plus surpris, mais ne rendait pas les armes. Il se précipita directement sur moi, en faisant le tour de l'arbre, et lança son pied, large, dans ma direction. Par chance, ses jambes plus courtes que ses bras, m'atteignirent sans me terrasser.
Je criais, toujours avec la voix grave qui semblait retenir son attention : J'AI MAL !.. ATTENTION !.. PAS LES COUPS!..
Il restait immobilisé, à quelques mètres de moi. Je commençais à découvrir ses faiblesses et ses aspirations. Ce géant ne me faisait plus totalement peur ! Son jeu corporel entrait en résonance avec mon corps... ma force à moi ne pouvait venir que des MOTS et de la voix pour les dire. Le reste n'était pas à son niveau. Je serais le perdant !
Quels mots ? C'était le moment de les trouver... et de les incarner...
Tout comme lui, je n'étais pas d'accord avec les coutumes de vie de mon pays, responsables de catastrophes. Tout comme lui, je vivais dans mon corps et dans celui de ma famille, les méfaits qu'ils me décrivait. Ma mère, ma fille venaient d'en mourir...
Alors, les mots franchirent peu à peu mes lèvres, mots isolés, qui finirent par se joindre, avec ma voix de basse qui put peu à peu changer de tessiture. Il était toujours là, ne sachant plus que faire. J'avais prise sur lui, je le sentais et ne m'arrêtais plus. Ce lien, trop fragile encore, pouvait se rompre.
Je racontais nos champs, nos forêts, abimées par la sécheresse et les pesticides. Notre pollution tueuse d'hommes, de femmes, d'enfants...chez moi... par la maladie. Je modulais ma voix. Les sons graves avaient retenu son attention dès le début. La montée vers des sons plus aigus semblait maintenant lui faire comprendre des nuances que les mots étaient encore impuissants à traduire. Je me fixais sur les mouvements que, malgré lui il avait, comme s'il accompagnait mon discours, sur les émotions que je reconnaissais sur son visage.
Il poussa un long cri...
Je décidais de l'accompagner, me libérant ainsi de la rage que je n'avais pas su exprimer plus tôt dans mes deuils. Le géant tapait des pieds, tournait sur lui-même. Je parlais, scandais les mots au rythme de ses pas. Et je pus chanter en frappant comme lui.
Lorsque vinrent des amis, des voisins, alertés par le bruit, je leur fis signe de ne pas bouger. Je pouvais continuer seul et, pourquoi pas, m'en faire un allié ?

Babeth.M 
Laos 2017



           Miroir ..
            Le sage me regarde. Il descend l’escalier encadré de deux dragons à sept têtes. Leurs écailles sont d’or, leurs dents pointues très blanches, leurs langues rouges, leurs yeux minuscules d’un noir profond.

Depuis un temps incertain je vais dans ce monde vert-bleuté à la végétation si dense que la lumière peine à éclairer les chemins si peu tracés. Si je vais en silence mon sac sur l’épaule et ma serpe retenue dans les plis de ma  ceinture, de multiples sifflements, feulements et chuchotements emplissent l’espace du jour et de la nuit. Etendu dans mon hamac, une toile légère rabattue sur moi comme un dôme protecteur, je peux plonger dans une inquiétude alimentée par les histoires terribles inventées au long de mon insomnie tout autant que je peux m’endormir dans une douceur ouatée génératrice d’espoir  d’entrevoir devant moi se tracer une voie. J’oscille dans cet entre-deux ignorant ma destinée… Mais aujourd’hui le sage est devant moi. Et je m’incline. Les deux dragons à sept têtes se tiennent en retrait de l’homme grand et mince. Ses côtes saillent comme des vallons creusés dans une terre aride, sa barbe caresse son torse et ses cheveux en contre point se dressent vers le ciel. Son visage paisible est calme et serein. Cet être engendre de moi vers lui une dévotion absolue qui émiette ma volonté comme un pain trop sec oublié au fond d’un sac en tissu. M’en remettre à lui, oui, il me guidera. Je plongeais alors avec délice au sein d’un océan de gratitude.

Lune après lune le sourire illuminera le visage du sage en contre point du mien. Il portera avec majesté une peau de tigre sur l’épaule gauche à même sa peau. Pas de mots mais je l’écouterai, j’obéirai aux ordres non dits. C’est ainsi que lune après lune je mangeai à ma faim, dormai dans un lit confortable à l’abri des bêtes sauvages, mes journées rythmées par les tâches immuables, répétitives d’une vie tranquille et sans surprise. Je vécu en sécurité dans un monde de paix. Longtemps je me suis pensé enviable. Sécurité, routine, quiétude le crédo d’une vie dans le sourire du sage. Mais combien de lunes montées dans le ciel quand l’écœurement compléta cette trilogie ? Passant nu devant le miroir de ma chambre je remarquai une bedaine naissante que je qualifiai de sournoise du fait de son arrivée silencieuse.  En arrêt devant la glace le peu de lumière de ce matin ensommeillé ne cacha pas de surcroit – mais je le crus le fil argenté dans mes cheveux. J’arrêtai là l’examen, abasourdi et peu désireux de découvrir quelque autre catastrophe jusqu’ici inaperçue quand l’image renvoyée à moi regardant fut celle du sage m’observant lui tout autant bedonnant et grisonnant ! Sa peau de tigre, non plus sur l’épaule gauche mais  sur l’épaule droite à même ma peau, nos côtes étaient invisibles enrobées qu’elles étaient d’une graisse excessive. Yeux dans les yeux, miroir identique, nous étions le même regard et avions dans la bouche le même cri, nos bedaines rebondissant de concert sur un hoquet tempo synchronisé. Lune après lune m’étais-je fourvoyé ? Egaré je l’étais car Il était le miroir dans lequel je me trompais de vie.  C’est au cœur de ma lucidité que les dragons lancèrent leurs filets de feu tandis que les flammes dans le ciel ainsi illuminaient la forêt devenue rouge-sang. Je pus me soustraire à cette autorité par moi fabriquée dans le temps d’avant. Ce temps présent du nouveau jour était l’instant des possibles, de ceux que les lendemains oublient. C’est dans  ce regard du miroir nouveau où je puisais ma  détermination que je vis l’océan et l’horizon infini. Je me fis un clin d’œil et jetais avec adresse la peau de tigre sur l’image à l’envers. Firent silence les deux monstres et j’entendis un oiseau… J’ai retrouvé mon sac en tissu et ma serpette. Mes cheveux argentés éclairent un chemin à inventer et ma bedaine régresse tandis que je progresse. Il est doux aujourd’hui le paysage au bord de la rivière, je ne m’en lasse pas. Demain ? Demain nous verrons !

SimOne   Muang Noi Neua  Laos  le 10 février 2017 

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Adieu la cigarette !!!

 

Il y a la cigarette des soirées festives qui accompagne le bon vin, celle des nuits blanches et puis celle après l’amour. Il y a encore celle pour vaincre l’angoisse, pour combattre l’ennui et enfin celle qu’on fume par habitude.

 

Et puis un jour, il n’y a plus de cigarettes !

 

Il reste alors la cigarette souvenir, la cigarette du manque, la cigarette détestée mais ô combien enviée. Celle que je remarque au bout des doigts d’un fumeur et les belles volutes de fumée qui s’en échappent. Mon corps se rappelle le goût de la nicotine, les gestes délicats pour porter le cylindre blanc à ma bouche, et l’odeur du tabac qui s’incruste partout.

 

Je l’aime autant que je la déteste. Cigarette poison qui me tue chaque jour un peu plus. Elle devient cigarette du renoncement comme je quitte un amour qui me fait trop souffrir.

 

Chercher le souffle léger de la vie, se sentir enfin libre et en finir avec la dépendance. Retrouver alors les vraies saveurs d’un bon plat, le vrai goût d’un verre de vin et sentir l’air frais du matin.

 

Muang Ngoi Neua, Laos, le 29 janvier 2017

 

Chantal FAUCHER


UNE RENCONTRE INATTENDUE

 

 

Alors que je me promenai dans la forêt épaisse où les fougères sont des arbres, où les arbres sont des géants, à tel point qu’on ne peut y voir la cime, je fis une rencontre pour le moins inattendue.

 

Les arbres reliés entre eux par des lianes enchevêtrées, empêchaient la lumière de percer une épaisse végétation. Je ne m’aventurais pas à l’intérieur de cette jungle pour le moins hostile. J’avançais sur le chemin tout tracé ; perdu dans mes pensées j’observais le spectacle qui s’offrait à moi. Je m’attardais devant une immense toile d’araignée tissée si finement qu’on pouvait penser à une mousseline déployée, accrochée au tronc d’un arbre. Elle était immense, un mètre de diamètre à vue d’œil,  et avait une particularité : un énorme trou en son centre, en forme de tunnel, sans possibilité d’y voir le fond. Une sorte de porte.

 

J’étais curieux d’en voir le locataire qui pouvait s’y loger. Bien que peu rassuré, je m’approchais pour scruter le tunnel. Je vis alors deux énormes yeux qui me regardaient : la pupille bougeait d’un côté, puis de l’autre, quand soudain, une force venue des tréfonds de la terre fit craquer la mousseline. Les arbres se mirent à trembler, je fus alors projeté d’un bond en arrière et je me retrouvai les fesses sur le sol, trois mètres plus loin. Je n’en crus pas mes yeux ni mes oreilles. Une créature apparut avec une tête deux fois plus grosse que la mienne, un tronc minuscule, des bras et des jambes qui se terminaient en doigts de crocodile. Inutile de vous dire mon effroi. Je tremblai, j’étais paralysé par la peur et je ne pus même pas crier.

 

Le visage de la créature était difforme, son crâne nu, plein de cicatrices, tout ridé avec d’immenses cernes. Le monstre, car c’est bien ainsi que je pouvais le nommer, était laid et sentait mauvais, d’une puanteur innommable. Je voulus prendre mes jambes à mon cou et fuir au plus vite. Je n’arrivai pas à me relever et la créature, mi araignée, mi crocodile ne me donna pas le temps de me mettre debout. Ses bras s’étaient allongés et sans se déplacer d’un centimètre, elle m’attrapa avec ses doigts et ses griffes. Elle agrippa ma jambe gauche et me souleva si haut, que je me retrouvai flottant dans l’air, tête en bas.

 

-         Lâchez-moi, lâchez-moi, je ne vous demande rien !

 

Les mouvementsde balancement et l’odeur pestilentielle me firent vomir tout mon repas de midi. L’odeur du vomi se surajoutait à celle qu’émanait le monstre. J’étais dans un univers de pourriture. Je n’allais pas pouvoir résister longtemps à cette torture.

 

Une image me revint alors en mémoire : mon père qui s’aspergeait chaque matin d’une eau de Cologne avant de partir au travail. Ce geste m’émeuvait à chaque fois. Pourtant, je détestais l’odeur de ce soi-disant parfum. En cet instant, pendu aux griffes de monstre, j’aurai donné n’importe quoi pour retrouver cette senteur, pourtant peu raffinée.

 

 

-         Tu m’as réveillé petit homme ! Ton regard a rencontré le mien et a été une étincelle qui m’a foudroyé. Il m’a fait sortir de ma toile et des ténèbres. Je retrouve la lumière, je te parle, je t’entends, je sens l’odeur que je dégage, mélangée à celle de ton vomi. Je veux que tu me libères du sortilège qui m’emprisonne depuis la nuit des temps.

 

-         Oh lâche moi, lâche moi, je n’en peux plus d’être balancé comme ça. Je ferai ce que tu me dis.

 

L’araignée-crocodile me déposa enfin sur le sol. Le monde redevenait à l’endroit : les arbres penchaient à cause du tremblement de terre qu’avait provoqué le réveil de la créature, mais la terre était bien sous mes pieds. Cependant, le monstre me retenait encore avec ses griffes et il sentait toujours aussi mauvais. Mon estomac bien que vide, se vida de nouveau d’un liquide jaunâtre qui s’écoulait sur les bras, les pattes de mon geôlier. Je vis alors le dégout dans ses yeux globuleux.

 

-         Dis-moi ce que je dois faire !

 

-         Si tu lèves le sortilège, mon odeur ne fera plus fuir ceux que je côtoie. Tu dois chercher un liquide qui t’es précieux et me l'apporter. Ce produit doit compter pour toi, je veux dire qu’un jour, à son contact tu as été ému à tel point que tu l’as aimé pour ne plus l’oublier. Il s’est inscrit dans ton corps, ta mémoire, comme un parfum. Je te donne trois jours pour y penser, pour le retrouver. Je t’attendrai ici à la même heure. Si tu ne te présentes pas au rendez-vous que je viens de te fixer, ta vie ne sera alors que malheur !

 

-         Oui, oui, je ferai ce que tu me demandes, mais je n’en puis plus d’être ton prisonnier !

 

Il déplia ses griffes. J’étais tout engourdi, l’estomac tout en vrac, la tête grosse comme une calebasse et les jambes toutes lacérées. Je rentrai chez moi. L’odeur du monstre m’avait imprégné et elle s’était diffusée dans toute la forêt. Si je ne trouvai pas le produit demandé, elle serait condamnée et personne ne pourrait plus s’y promener. Je réfléchissais…

 

Le parfum de mon amie pourrait être le liquide idéal. Il s’appelle « sa majesté la rose ». Il est subtil et délicat, tout en fleur avec des notes de musc. Ce serait parfait pour embaumer cette belle forêt. Je souriais à l’idée de penser que mon monstre pourrait sentir la rose.

 

Je méditais encore… Quelque chose me tourmentait. La créature avait bien dit de rapporter un produit qui avait compté pour moi et qui m’avait ému. Le luxe de « sa majesté la rose » était peut être un parfum plus qu’agréable, mais n’était rien pour moi. L’eau de Cologne de mon père, oui, c’est elle qu’il me fallait retrouver ! Toutes ces années ont passées et je revois son geste, la dernière touche de préparation avant de partir chaque matin au travail. C’est ça, l’odeur de ce produit, lié au geste de mon père s’est imprégné en moi,inscrit dans ma mémoire. J’en étais sûre, c’était lui qu’il fallait que je retrouve, ce qui n’était pas bien difficile.

 

Je revins au jour et à l’heure convenus avec ma bouteille de « Bien Etre ». Elle m’attendait, toujours aussi puante. Je me sentais de nouveau nauséeux, mais je ne vomis pas cette fois-ci.

 

-         Bien, tu es là. L’épreuve n’est cependant pas terminée. Il te faut monter sur ma tête. Je vais voler au-dessus de la forêt et tu l’aspergeras de la potion que tu as rapportée. Tu devras supporter mon odeur, sans t’évanouir pendant toute l’opération. Si le produit est efficace, le sortilège sera alors levé : la forêt retrouvera son odeur de plantes, d’essences diverses, et moi je retrouverai ma forme humaine.

 

-         Mais pourquoi moi, pourquoi tu m’as choisi pour exécuter cette tâche ?

 

-         C’est toi qui es venu me chercher. Tu dois payer pour ta curiosité !

 

 

Muang Ngoi Neua, Laos, le 31 janvier 2017

 

Chantal FAUCHER

 

 

 

 

 

 

 


 


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